Partition d'un entier

Discussion générale entre passionnés et amateurs de mathématiques sur des sujets mathématiques variés
syrac

Partition d'un entier

par syrac » 31 Jan 2016, 19:38

Ce qui suit concerne les suites impaires de Collatz, c’est-à-dire les suites de Collatz ne comprenant que leurs termes impairs. Deux choses sont à considérer : la suite impaire et la suite de ses diviseurs. La suite impaire de 29 est {29, 11, 17, 13, 5, 1}, et la suite de ses diviseurs est {8, 2, 4, 8, 16}. En effet, ((3*29)+1)/8 = 11, ((3*11)+1)/2 = 17, etc.

Pour faciliter la lecture toutes les listes sont entre crochets, comme dans Mathematica.

Les prédécesseurs possibles du dernier terme d’une suite de Collatz, c’est-à-dire 1, sont {1, 5, 21, 85, 341, 1365, 5461, 21845, 87381, 349525, …}. Parmi ces nombres, ceux qui sont divisibles par 3 donneront une suite de deux termes. La suite de 21, par exemple, donne {21, 1}, et la suite de ses diviseurs se résume à un seul terme, {64} (puisque 3*21+1 = 64, qui est ensuite divisé par lui-même pour obtenir 1). On élimine donc les prédécesseurs de 1 divisibles par 3, ainsi que le premier d’entre eux, 1, ce qui donne les prédécesseurs possibles {5, 85, 341, 5461, 21845, 349525, 1398101, 22369621, 89478485, …}.

Ce qui nous intéresse est le dernier terme d’une suite de diviseurs. Pour connaître ses valeurs possibles il faut multiplier les prédécesseurs qu’on a retenus de 1 par 3 puis les incrémenter, ce qui donne {16, 256, 1024, 16384, 65536, 1048576, 4194304, 67108864, 268435456, …}.

Soit p le produit des diviseurs de n0 en tant que premier terme d’une suite impaire. Avec n0 = 29, p = 8*2*4*8*16 = 8192 = 2^13. La suite des diviseurs pouvant s’écrire {2^3, 2^1, 2^2, 2^3, 2^4}, on a bien 3+1+2+3+4 = 13. Si 2^x = 2^a*2^b*2^c = 2^(a+b+c), alors {a, b, c} est présent dans la partition de x.

Maintenant on écrit sous forme d’exposants les puissances de 2 pouvant représenter le dernier terme d’une suite de diviseurs : {16, 256, 1024, 16384, 65536, 1048576, 4194304, 67108864, 268435456, …} devient {4, 8, 10, 14, 16, 20, 22, 26, 28, …}. Pour reprendre l’exemple de p = 2^13, on sait que le dernier diviseur est 2^4, donc on retranche 4 de 13, ce qui donne 9. Les exposants de 2 des 4 premiers diviseurs sont présents dans la partition de 9 (3+1+2+3 = 9).

Construire une suite impaire de Collatz revient à trouver les parties {a, b, c, …} de l’exposant x, de sorte que 2^x = 2^a*2^b*2^c*… = 2^(a+b+c+...). Ça fonctionne avec toutes les valeurs de x > 4, donc toutes les puissances de 2 supérieures à 16. Par contre, toutes les parties de x ne permettront pas de créer une suite impaire. Pourquoi certaines seulement et pas toutes ? Pas de réponse dans l’immédiat.

Exemple avec p = 2048 = 2^11. On a 11 = 7+4 et 1+10, ce qui donne deux suites impaires de trois termes (il existe un diviseur de moins que de termes). Ce sont les suites impaires de 213 = {213, 5, 1} et 227 = {227, 341, 1}, dont la suite respective de diviseurs est {228, 16} et {2, 1024}, soit {2^7, 2^4} et {2^1, 2^10}. Les trois premières puissances de 2 pouvant représenter le dernier terme d’une suite de diviseurs sont {16, 256, 1024}, ou {2^4, 2^8, 2^10}. On a pu construire une suite impaire en retranchant 4 de 11, ce qui donnait 7, et encore une autre en retranchant 10 de 11, ce qui donnait 1. Par contre, lorsqu’on retranche 8 de 11 pour obtenir 3 on s’aperçoit qu’il n’existe aucune suite impaire dont la suite de diviseurs est {2^3, 2^8}, c’est-à-dire {8, 256} !

Voici deux fonctions permettant d’effectuer le type de calcul requis ici (syntaxe Mathematica) :

Image

Lire divTOsuite. Exemple : divs2suite[{8, 2, 4, 8, 16}] renvoie {29, 11, 17, 13, 5, 1}, la suite impaire de 29. Je sais qu’il n’existe aucune suite impaire dont les diviseurs sont {8, 256} parce que divs2suite[{8, 256}] renvoie {679/3, 85, 1}.

La fonction suivante fait exactement la même chose, sauf qu’elle prend pour argument une liste d’exposants de 2, ce qui facilite les choses dans certains cas :

Image

PrependTo[suite, expr] ajoute expr au début de la liste suite. exp2suite[{3, 1, 2, 3, 4}] renvoie {29, 11, 17, 13, 5, 1} comme attendu.

La fonction suivante renvoie la suite de diviseurs :

Image

/ ; OddQ[n], placé après l’argument, signifie que celui-ci doit être impair, sinon la fonction ne fait rien. Most signifie qu’on supprime le dernier terme de la suite renvoyée par la fonction suiteImpaire, c’est-à-dire 1. IntegerExponent[argument, 2] renvoie l’exposant de 2 figurant dans la décomposition en produit de facteurs premiers de l’argument. Enfin, voici la fonction suiteImpaire :

Image

pgp2 renvoie la plus grande puissance de 2 divisant son argument. Last renvoie le dernier élément d’une liste. AppendTo[suite, t] ajoute l’élément t à la fin de la liste suite.

Question : soit p, une puissance de 2 plus grande que 16. Si p = 2^x, lorsqu'on effectue la partition de x pourquoi certaines parties seulement permettent-elles de former une suite impaire ?
Modifié en dernier par syrac le 01 Fév 2016, 13:51, modifié 1 fois.



syrac

Re: Partition d'un entier

par syrac » 01 Fév 2016, 00:38

En me relisant je m’aperçois que tout ça est un peu confus. Je vais essayer d’être plus clair.

La suite de diviseurs (composée de puissances de 2) obtenue en calculant la suite impaire de n0, son premier terme, se termine toujours par l’une des puissances suivantes de 2 lorsque cette suite compte plus de 2 termes :

{16, 256, 1024, 16384, 65536, 1048576, 4194304, 67108864, 268435456, …}

La même sous forme d’exposants de 2. Par commodité je l’appellerai L :

L = {4, 8, 10, 14, 16, 20, 22, 26, 28, …}

Soit p une puissance de 2. Prenons p = 2048 = 2^11 et effectuons la partition de 11. Comme il existe 56 parties je ne vais citer que les premières :

{11}, {10, 1}, {9, 2}, {9, 1, 1}, {8, 3}, {8, 2, 1}, {8, 1, 1, 1}, {7, 4}, {7, 3, 1}, {7, 2, 2}, {7, 2, 1, 1}, {7, 1, 1, 1, 1}, {6, 5}, {6, 4, 1}, {6, 3, 2}, {6, 3, 1, 1}, …

Les termes de L plus petits que 11 sont 4, 8 et 10. On ne retient que les parties qui contiennent l’un de ces trois nombres, à savoir :

{10, 1}, {8, 3}, {8, 2, 1}, {8, 1, 1, 1}, {7, 4}

Comme 4, 8 et 10 représentent le dernier terme d’une suite de diviseurs, ils doivent être en dernière position :

{1, 10}, {3, 8}, {1, 2, 8}, {1, 1, 1, 8}, {7, 4}

Maintenant on fait

exp2suite[{1, 10}] = {227, 341, 1}
exp2suite[{3, 8}] = {679/3, 85, 1}
exp2suite[{1, 2, 8}] = {75, 113, 85, 1}
exp2suite[{1, 1, 1, 8}] = {661/27, 335/9, 169/3, 85, 1}
exp2suite[{7, 4}] = {213, 5, 1}

On a de cette manière obtenu les suites impaires de 227, 75 et 213. Celle de 75 possède 4 termes parce qu’il y a 3 diviseurs.

Au nombre des parties de 11 figurent également

{1, 1, 2, 3, 4} -> exp2suite[{1, 1, 2, 3, 4}] = {7, 11, 17, 13, 5, 1}
{1, 1, 5, 4} -> exp2suite[{1, 1, 5, 4}] = {23, 35, 53, 5, 1}
{4, 3, 4} -> exp2suite[{4, 3, 4}] = {69, 13, 5, 1}

Suite des diviseurs de n0 =

7 : {2, 2, 4, 8, 16}
23 : {2, 2, 32, 16}
69 : {16, 8, 16}
75 : {2, 4, 256}
213 : {128, 16}
227 : {2, 1024}

Le produit des diviseurs est bien entendu toujours égal à 2^11. Les six valeurs de n0 obtenues par cette méthode sont les seules qui donnent ce résultat. Lorsqu'on effectue la partition d'un exposant de 2 de plus en plus grand, il est évident que le nombre de parties croît, ainsi que le nombre de valeurs résultantes de n0. J'ai testé différentes valeurs de l'exposant sans trouver de relation dans le nombre successif de valeurs de n0 (ce qui ne veut pas dire qu'il n'en existe aucune).

syrac

Re: Partition d'un entier

par syrac » 02 Fév 2016, 17:26

Voici un autre aspect des choses. Il semble que pour p donné (ou plus exactement pour toute valeur x de p = 2^x), les diviseurs de la plus petite valeur de n0 permettent de déduire les diviseurs de ses autres valeurs.

Avec p = 2^11 on a :

7 : {2, 2, 4, 8, 16} -> {a, b, c, d, e}
23 : {2, 2, 32, 16} -> {a, b, cd, e}
69 : {16, 8, 16} -> {abc, d, e}
75 : {2, 4, 256} -> {a, c, bde}
213 : {128, 16} -> {abcd, e}
227 : {2, 1024} -> {a, bcde}

Essayons avec p = 2^14. Les valeurs de n0 telles que leurs diviseurs respectifs ont tous pour produit 2^14 sont :

{19, 61, 181, 201, 565, 605, 1813, 5461}

19 : {2, 8, 2, 4, 8, 16} -> {a, b, c, d, e, f}
61 : {8, 2, 2, 32, 16} -> {b, a, c, de, f}
181 : {32, 4, 8, 16} -> {abc, d, e, f}
201 : {4, 2, 2, 1024} -> {d, a, c, bef}
565 : {32, 32, 16} -> {abc, de, f}
605 : {8, 2, 1024} -> {b, a, cdef}
1813 : {64, 256} -> {abd, cef}
5461 : {16384} -> {abcdef}. Notons que 5461*3+1 = 2^14, donc sa suite impaire ne comporte que 2 termes, {5461, 1}, et sa suite de diviseurs un seul terme, 16384 (= 2^14).

Enfin, essayons avec p = 2^16. Les valeurs de n0 sont

{25, 77, 81, 241, 245, 267, 725, 739, 753, 803, 805, 2261, 2275, 2417, 2421, 7253, 7281, 21845}

25 : {4, 2, 8, 2, 4, 8, 16} -> {a, b, c, d, e, f, g}
77 : {8, 8, 2, 4, 8, 16} -> {ab, c, d, e, f, g}
81 : {4, 8, 2, 2, 32, 16} -> {a, c, b, d, e f, g}
241 : {4, 32, 4, 8, 16} -> {a, bcd, e, f, g}
245 : {32, 2, 2, 32, 16} -> {ac, b, d, ef, g}
267 : {2, 4, 8, 4, 256} -> {b, a, c, e, dfg}
725 : {128, 4, 8, 16} -> {abcd, e, f, g}
739 : {2, 256, 8, 16} -> {b, acde, f, g}

21845 : {65536} -> {abcdefg}. Même remarque : 21845*3+1 = 2^16.

La question qu’on peut se poser est de savoir s’il est possible de combiner de cette manière des diviseurs (c’est-à-dire des puissances de 2) générés aléatoirement, de sorte que leur produit soit constant. La réponse est clairement non. De là à affirmer que cet état de fait n’est pas dû au hasard et peut être répété pour toutes les valeurs de p, il n’y a qu’un pas.

Pour chaque valeur de n0 autre que la plus petite d’entre elles, la combinaison des diviseurs que j’ai montrée ci-dessus n’est pas toujours unique. Il existe souvent plusieurs possibilités de combiner {a, b, c, d, …}, et je suppose que le nombre de combinaisons augmente avec le nombre de diviseurs de base, et bien sûr la valeur de chacun d’eux. Ceci entraîne la question suivante : existe-t-il une manière universelle de combiner les diviseurs de la plus petite valeur de n0, tout en conservant leur produit, autrement dit une méthodologie qu’on pourrait appliquer dans tous les cas ?

EDIT :
la question de la conservation du produit des diviseurs coule en fait de source : si on multiplie entre eux plusieurs des diviseurs ce produit ne change pas. Et lorsqu'on les remplace par des exposants de 2, la somme de ceux ci est également conservée (égale à x dans p = 2^x, où p est le produit en question).

syrac a écrit:La question qu’on peut se poser est de savoir s’il est possible de combiner de cette manière des diviseurs (c’est-à-dire des puissances de 2) générés aléatoirement, de sorte que leur produit soit constant. La réponse est clairement non.

Faux ! Le produit initial sera conservé.

En fait, la seule question qui se pose est de savoir combien de suites de diviseurs valides on peu former en n'utilisant que les diviseurs de la plus petite valeur de n0.

 

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