[Licence] Q-e.v.
Réponses à toutes vos questions après le Bac (Fac, Prépa, etc.)
-
Anonyme
par Anonyme » 30 Avr 2005, 17:26
Bonjour
J'ai un petit souci concernant cet exercice :
R est le corps des réels
Q est le sous-corps des rationnels
(e_i) une base du Q-e.v. R
(f_i) est sa base duale.
Montrer que les f_i ne sont pas continues
_____________________
Pour être clair, f_i est la forme linéaire de R sur Q qui
à tout réel x associe sa ième coordonnée (rationnelle).
L'auteur dit que f_i n'est pas continue car :
f_i(0) = 0 , f_i(e_i) = 1 et f_i ne prend que les valeurs
rationnelles entre 0 et 1, donc elle ne vérifie pas le th des
valeurs intermédiaires.
Je trouve cet argument curieux ... pas vous ?
Pierre
-
Anonyme
par Anonyme » 30 Avr 2005, 17:26
Salut
> Je trouve cet argument curieux ... pas vous ?
>
> Pierre
Non, qu'est-ce qui gêne ?
-
Anonyme
par Anonyme » 30 Avr 2005, 17:26
Julien Santini a écrit
> Non, qu'est-ce qui gêne ?
Tu penses qu'une fonction continue de R dans Q
doit vérifier le th des valeurs intermédiaires ?
Je croyais que ce th était réservé aux fonctions de
R dans R
Pierre
-
Anonyme
par Anonyme » 30 Avr 2005, 17:26
> Julien Santini a écrit[color=green]
> > Non, qu'est-ce qui gêne ?
>
> Tu penses qu'une fonction continue de R dans Q
> doit vérifier le th des valeurs intermédiaires ?
>
> Je croyais que ce th était réservé aux fonctions de
> R dans R
>
> Pierre[/color]
Le truc c'est que tu peux voir indifféremment ta fonction f_i comme f_i:
R->Q ou f_i: R->R. Dans le second cas, tu peux appliquer ton théorème des
valeurs intermédiaires tel quel, et dans le premier, tu te places dans
l'espace topologique Q et là tu dis que l'image d'un connexe (ici [0,1], ou
R) par une application continue doit être connexe (c'est la "généralisation"
du TVI). Mais manque de bol, toute partie de Q non réduite à un singleton
n'est pas connexe, cqfd.
Tout repose sur: f: A->B est continue f*: A->C l'est. (avec B inclus
dans C, et A,B,C esp. topo. non vides)
(=>) Soit U ouvert de C, alors f*^(-1)(U) = f*^(-1)(U Inter B)=f ^(-1)(U
Inter B) ouvert dans A car f est continue et U Inter B ouvert dans B.
(<=) Soit U ouvert de B, alors: f^(-1)(U)=f*^(-1)(U)=f*^(-1)(V Inter B) par
définition de la topologie induite, où V est un ouvert de C, = f*^(-1)(V)
Inter f^(-1)(B) = f*^(-1)(V), qui est ouvert car f* est continue.
Remarque une chose, c'est que cette propriété est "naturelle": la topologie
d'un lieu ne doit pas changer si on le plonge dans un lieu "plus grand".
--
Julien Santini
-
Anonyme
par Anonyme » 30 Avr 2005, 17:26
> Tout repose sur: f: A->B est continue f*: A->C l'est. (avec B inclus
> dans C, et A,B,C esp. topo. non vides)
où f* est telle que: pour tout x in A, f*(x) = f(x).
-
Anonyme
par Anonyme » 30 Avr 2005, 17:26
> Tu penses qu'une fonction continue de R dans Q
> doit vérifier le th des valeurs intermédiaires ?
>
> Je croyais que ce th était réservé aux fonctions de
> R dans R
Tu composes ta fonction continue de R vers Q, par l'inclusion de Q dans R
qui est aussi continue, et tu sais que la composée de deux applications
continues est continue. Tu peux donc appliquer ton théorème.
Exercice (trivial si tu as compris): toute fonction continue de R dans Q
est constante.
--
Yves
-
Anonyme
par Anonyme » 30 Avr 2005, 17:26
Julien Santini a écrit
> Le truc c'est que tu peux voir indifféremment ta fonction f_i comme f_i:
> R->Q ou f_i: R->R. Dans le second cas, tu peux appliquer ton théorème des
> valeurs intermédiaires tel quel, et dans le premier, tu te places dans
> l'espace topologique Q et là tu dis que l'image d'un connexe (ici [0,1],
ou
> R) par une application continue doit être connexe (c'est la
"généralisation"
> du TVI). Mais manque de bol, toute partie de Q non réduite à un singleton
> n'est pas connexe, cqfd.
>
> Tout repose sur: f: A->B est continue f*: A->C l'est. (avec B inclus
> dans C, et A,B,C esp. topo. non vides)
>
> (=>) Soit U ouvert de C, alors f*^(-1)(U) = f*^(-1)(U Inter B)=f ^(-1)(U
> Inter B) ouvert dans A car f est continue et U Inter B ouvert dans B.
>
> ( définition de la topologie induite, où V est un ouvert de C, = f*^(-1)(V)
> Inter f^(-1)(B) = f*^(-1)(V), qui est ouvert car f* est continue.
>
> Remarque une chose, c'est que cette propriété est "naturelle": la
topologie
> d'un lieu ne doit pas changer si on le plonge dans un lieu "plus grand".
Je comprend bien la deuxième partie de la démo mais pas la première.
Pourquoi a-t-on : f*^(-1)(U) = f*^(-1)(U Inter B)
Si je choisis pour U un ouvert disjoint de B mais qui rencontre f*(A)
l'égalité semble fausse ?
Pierre
-
Anonyme
par Anonyme » 30 Avr 2005, 17:26
> Je comprend bien la deuxième partie de la démo mais pas la première.
> Pourquoi a-t-on : f*^(-1)(U) = f*^(-1)(U Inter B)
>
> Si je choisis pour U un ouvert disjoint de B mais qui rencontre f*(A)
> l'égalité semble fausse ?
>
Un tel U n'existe pas parce que par définition l'image de f (et donc par
définition de f*) est contenue dans B.
-
Anonyme
par Anonyme » 30 Avr 2005, 17:26
Yves De Cornulier a écrit :
> Tu composes ta fonction continue de R vers Q,
> par l'inclusion de Q dans R qui est aussi continue,
> et tu sais que la composée de deux applications
> continues est continue. Tu peux donc appliquer
> ton théorème.
OK. Si f : R -> Q est continue et si j'appelle
i : Q -> R l'injection canonique alors i o f
est coninue de R dans R. Donc si i o f n'est
pas continue (en particulier ne vérifie pas le
th des valeurs intermédiaires) alors f n'est
pas continue.
> Exercice (trivial si tu as compris): toute
> fonction continue de R dans Q est constante.
Si f n'est pas constante, alors g = i o f prend
moins deux valeurs distinctes y_1 et y_2. Comme
g ne prend que des valeurs rationnelles entre
y_1 et y_2 elle ne vérifie pas le th des valeurs
intermédiaires, donc g n'est pas continue, donc
f non plus. That's right ?
Merci
Pierre
-
Anonyme
par Anonyme » 30 Avr 2005, 17:26
Julien Santini a écrit :
> Un tel U n'existe pas parce que par définition
> l'image de f (et donc par définition de f*) est
> contenue dans B.
OK. J'avais mal compris les hypothèses. Pourrait-on
énoncer ce théorème de la manière suivante :
Une application f : A -> B est continue ssi
i o f : A -> C est continue, où C est un
sur-ensemble de B et i est l'injection canonique
de B dans C ?
On pourrait peut-être encore modifier cet énoncé
en remarquant que f est une corestriction de
i o f. Mais je ne vois pas comment ...
Merci, Pierre
-
Anonyme
par Anonyme » 30 Avr 2005, 17:26
> Une application f : A -> B est continue ssi
> i o f : A -> C est continue, où C est un
> sur-ensemble de B et i est l'injection canonique
> de B dans C ?
>
oui, pareil.
-
Anonyme
par Anonyme » 30 Avr 2005, 17:26
> OK. J'avais mal compris les hypothèses. Pourrait-on
> énoncer ce théorème de la manière suivante :
>
> Une application f : A -> B est continue ssi
> i o f : A -> C est continue, où C est un
> sur-ensemble de B et i est l'injection canonique
> de B dans C ?
Il faut être plus précis: ça ne coûte rien de dire que C est un sur-espace
topologique; il faut de plus que la topologie induite par C dans B
soit la topologie d'origine de B.
Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 32 invités