mon prof m'a demandé de faire un commentaire sur la question "en quoi ce texte est-il poétique" sur "Histoire d'un crime" de V.Hugo.
je suis vraiment coincé et ne sais pas quel plan adopter, pourriez vous m'aider en me donnant une esquisse de plan, car je suis vraiment tres embarrassé face a cet exercice
voici le texte:
[CENTER]E. P... sarrêta devant une maison haute et noire. Il poussa une porte dallée qui nétait pas fermée, puis une autre porte, et nous entrâmes dans une salle basse, toute paisible, éclairée dune lampe.
Cette chambre semblait attenante à une boutique. Au fond, on entrevoyait deux lits côte à côte, un grand et un petit. Il y avait au-dessus du petit lit un portrait de femme, et au-dessus du portrait, un rameau de buis bénit.
La lampe était posée sur une cheminée où brûlait un petit feu.
Près de la lampe, sur une chaise, il y avait une vieille femme, penchée, courbée, pliée en deux, comme cassée, sur une chose qui était dans lombre et quelle avait dans les bras. Je mapprochai. Ce quelle avait dans les bras, cétait un enfant mort.
La pauvre femme sanglotait silencieusement.
E. P..., qui était de la maison, lui toucha lépaule et dit :
- Laissez voir.
La vieille femme leva la tête, et je vis sur ses genoux un petit garçon, pâle, à demi déshabillé, joli, avec deux trous rouges au front.
La vieille femme me regarda, mais évidemment elle ne me voyait pas ; elle murmura, se parlant à elle-même :
- Et dire quil mappelait bonne maman ce matin !
E. P... prit la main de lenfant, cette main retomba.
- Sept ans, me dit-il.
Une cuvette était à terre. On avait lavé le visage de lenfant ; deux filets de sang sortaient des deux trous.
Au fond de la chambre, près dune armoire entrouverte où lon apercevait du linge, se tenait debout une femme dune quarantaine dannées, grave, pauvre, propre, assez belle.
- Une voisine, me dit E. P...
Il mexpliqua quil y avait un médecin dans la maison, que ce médecin était descendu, et avait dit : Rien à faire.
Lenfant avait été frappé de deux balles à la tête en traversant la rue "pour se sauver". On lavait rapporté à sa grandmère "qui navait que lui".
Le portrait de la mère morte était au-dessus du petit lit.
Lenfant avait les yeux à demi ouverts, et cet inexprimable regard des morts où la perception du réel est remplacée par la vision de linfini. Laïeule, à travers ses sanglots, parlait par instants : - Si cest Dieu possible ! - A-t-on idée ! - Des brigands, quoi !
Elle sécria :
- Cest donc ça le gouvernement !
- Oui, lui dis-je.
Nous achevâmes de déshabiller lenfant. Il avait une toupie dans sa poche. Sa tête allait et venait dune épaule à lautre, je la soutins et je le baisai au front. Versigny et Bancel lui ôtèrent ses bas. La grandmère eut tout à coup un mouvement.
- Ne lui faites pas de mal, dit-elle.
Elle prit les deux pieds glacés et blancs dans ses vieilles mains, tâchant de les réchauffer.
Quand le pauvre petit corps fut nu, on songea à lensevelir. On tira de larmoire un drap. Alors laïeule éclata en pleurs terribles. Elle cria :
- Je veux quon me le rende.
Elle se redressa et nous regarda et elle se mit à dire des choses farouches, où Bonaparte était mêlé, et Dieu, et son petit, et lécole où il allait, et sa fille quelle avait perdue, et nous adressant à nous-mêmes des reproches, livide, hagarde, ayant comme un songe dans les yeux, et plus fantôme que lenfant mort.
Puis elle reprit sa tête dans ses mains, posa ses bras croisés sur son enfant, et se remit à sangloter.
La femme qui était là vint à moi et, sans dire une parole, messuya la bouche avec un mouchoir. Javais du sang aux lèvres.
Que faire, hélas ? Nous sortîmes accablés.
Il était tout à fait nuit. Bancel et Versigny me quittèrent.[/CENTER]
MERCI D'AVANCE ^^
