texte de Schoppenhauer

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Posted by: juju23

Bonjour,
J'ai un commentaire de texte à faire sur un texte du Schopenhauer.
Je ne sais pas trop comment couper le texte en différentes parties...
Je me demande aussi si le philosophe se comprend dans le "nous"?
Comment le chagrin peut-il être un élément positif? Comment faut-il, au sens philosophique comprendre "élément positif"?

Merci d'avance pour votre aide

Voici le texte :
Aussi n'apprécions-nous pas les trois plus grands biens de la vie, la santé, la jeunesse et la liberté, tant que nous les possédons ; pour en comprendre la valeur, il faut que nous les ayons perdus, car ils sont aussi négatifs. Que notre vie était heureuse, c'est ce dont nous ne nous apercevons qu'au moment où ces jours heureux ont fait place à des jours malheureux. Autant les jouissances augmentent, autant diminue l'aptitude à les goûter : le plaisir devenu habitude n'est plus éprouvé comme tel. Mais par là-même grandit la faculté de ressentir la souffrance ; car la disparition d'un plaisir habituel cause une impression douloureuse. Ainsi la possession accroît la mesure de nos besoins, et du même coup la capacité de ressentir la douleur. Le cours des heures est d'autant plus rapide qu'elles sont plus agréables, d'autant plus lent qu'elles sont plus pénibles ; car le chagrin, et non le plaisir, est l'élément positif, dont la présence se fait remarquer. De même, nous avons conscience du temps dans les moments d'ennui, non dans les instants agréables. Ces deux faits prouvent que la partie la plus heureuse de notre existence est celle où nous la sentons le moins ; d'où il suit qu'il vaudrait mieux pour nous ne pas la posséder.



Posted by: olivthill

Nous est un pronom personnel de la première personne du pluriel, qui a un sens générique et flou. Il englobe plus ou moins l'auteur. C'est de la philosophie, pas de la science exacte.

Le texte se découpe assez bien :

1. Observation d'un fait : nous n'apprécions pas...
2. Observation d'un autre fait : nous en comprenons la valeur quand nous les avons perdus
3. Observation d'un troisième fait : une disparition est douloureuse.
4. Conclusion : la partie la plus heureuse de notre existence est ...

D'après la conclusion, on peut en déduire la question initiale du philosophe : "Quel est le rapport entre la sensation et le bonheur ?"

Le mot "positif" renvoie à une notion déjà élaborée par Aristote, et de nombreux philosophes, qui se demandaient si le foid existe ou bien si ce n'est qu'une privation de chaleur, si le noir existe ou si ce n'est qu'une absence de lumière, si le signe moins existe ou si ce n'est qu'une absence d'élément positif. Le mot "positif" dans cette tradition philosophique, est liée à la présence, et le mot "négatif" à l'absence.

L'auteur dit que le chagrin est une valeur positive, car c'est une valeur dont on sent l'existence, alors que le plaisir est une valeur négative, car on n'en sent pas (ou on n'en sentirait pas) la présence.

La pensée de Schopenhauer dans ce texte est différente de celle de Descartes et de celle d'un grand nombre d'autres philosophes et d'observateurs de l'ame humaine. En effet, pour ces derniers, la sensation est déterminée par le contraste, par la différence, par le passage d'un état à un autre. Il y aurait donc des sensations fortes quand on est affligé d'un malheur, mais aussi quand on est assailli de bonheur. D'ailleurs cela se voit avec l'émotion des gagnants du loto, ou de ceux qui retrouvent des personnes proches après une longue séparation. Schopenhauer évoque un petit peu le contraste, mais uniquement dans un sens, quand il parle d'une personne qui évoque le bon vieux temps. Mais il aurait aussi pu évoquer un souvenir inverse, celui d'une personne heureuse, qui se dit qu'elle a de la chance maintenant en comparaison de son infortune passée.

Bonne chance !



Posted by: juju23

Merci beaucoup.
Je viens de terminer mon commentaire et votre aide m'a bien aidé.











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