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1.1.3. Plus Gazonbleu mentait, plus sa fille aînée s’enfermait dans la mythomanie, et plus je me tenais fermement à ma définition « Je suis un scientifique, un physicien ». Etudier et chercher, était la preuve de mon identité maintenue contre l’assaut des contre-vérités, du harcèlement par les assassines sans couteau. Puis, j’ai échappé de mon vivant à Gazonbleu et Frédégonde. ... 1.1.4. La démonstration : si JE peux respecter la vérité, alors ON aurait pu me respecter quand j’étais enfant. La motivation réelle pour devenir un obsessionnel de l’exactitude scientifique, ou linguistique, fut bien de fournir une démonstration : on peut respecter rigoureusement les faits. On PEUT ne pas tricher. On peut ne pas ensevelir autrui sous son territoire sonore, on peut ne pas procéder à un viol sonore permanent de son fils, comme le fit ma mère dans sa névrose. On peut respecter les faits en silence et avec humilité. ... 1.9. La science est-elle une psychothérapie efficace ? 1.9.1. Je risque dans ce paragraphe de réinventer ce que Korzybski a probablement déjà bien exprimé dans son « Science and Sanity », que je n’ai encore jamais pu lire. Il n’y en a qu’un seul exemplaire à la Bibliothèque de Lyon, que l’on ne consulte que sur place. Quand je regarde mes collègues scientifiques, la réponse est évidente : NON ! ce n’est pas efficace ! Quand je regarde la plupart des non-scientifiques, alors je pense presque le contraire : ces gens-là n’ont vraiment aucune culpabilité à fuir beaucoup trop d'épreuves de réalité, à justifier leurs refus de toute curiosité. Il leur manque vraiment une part de l’éducation dont ils auraient besoin. Le point sain dans la science, c’est sa prétention, son obligation morale, à être un système piloté en exactitude. La réalité des gens dans les institutions, reste, et cela de plus en plus, constituée d’astuces pour se soustraire à une obligation morale si contraignante. Son échec de plus en plus grave, est inscrit dans la spécialisation à outrance, que le progrès technique d’une part, les pesanteurs institutionnelles d’autre part, ont établi comme règle étouffante. La spécialisation a pour effet pervers de circonscrire la curiosité à un tout petit domaine, et multiplie les sanctions et répressions obliques contre toute curiosité qui déborderait le microscopique champ de la spécialité. Cette obligation morale a un grand mérite : elle est censée être au dessus de nos petites personnes, de nos narcissismes, de nos vanités. Tandis que ceux qui ne mettent rien au dessus de leur vanité personnelle ne disposent de presque aucun moyen pour changer d'avis et reconnaître leurs erreurs passées. Donc la science n'a aucune des propriétés d'une thérapie, mais la pratique de l'esprit scientifique a les propriétés d'un encadrement de maturation et d'évolution, et ceci peut remplacer souvent cela. 1.9.2. Toutefois, si l'on réexamine cette affirmation depuis le métier du cybernéticien, on a plusieurs questions à poser sur l'efficacité de la rétroaction et d'un tel pilotage, dès qu’il s’agit non plus du seul système science, mais bien du système autrement plus complexe et plus lourd, science-plus-enseignement. En premier lieu, la question des temps de réaction peut être très inquiétante. En second lieu, le système d’enseignement est avant tout tourné vers lui-même, et il est généralement ignorant de ses insuffisances, qui ne sont mises en évidence que loin en aval, chez les industries clientes, ou chez les chercheurs. Selon les branches, les clients peuvent être forts, comme ils le sont par exemple en géologie, en chimie, ou en informatique, et alors leurs réclamations sont efficaces. Les clients peuvent être faibles ou très faibles devant les fournisseurs; c’est généralement le cas en mathématiques, et en physique. Leurs réclamations ne sont jamais prises en compte par les fournisseurs tout-puissants, tandis que les auteurs de manuels se recopient les uns les autres. Concernant la question des délais de réponse pour les corrections : la correction des bévues n’est une tâche à l'échelle humaine, que si la correction se fait tôt, lorsque seuls un maximum d'une centaine de scientifiques sont concernés, et que la propagation n'a pas dépassé les revues scientifiques ou les courriers entre collègues. Autrement dit : tant que la correction se fait sur le front actif d'avancée de la science, entre pionniers. Les choses deviennent beaucoup plus graves, et pratiquement ingouvernables, quand les bévues ainsi commises passent au statut de dogmes enseignés dans les classes du secondaire, et sont imprimées à des millions d'exemplaires, que les étudiants du supérieurs ont été formés par elles, que les profs du supérieurs ont été formés, sélectionnés et modelés par elles, que les profs du secondaire ont été formés dans le supérieur par ces bévues, etc. etc. Alors, de nombreux délais de réaction, dont certains approchent d'une vie d'homme, s'entremêlent et se verrouillent les uns les autres, sans parler des investissements individuels de prestance. 1.9.3. En effet, l’irrespect fondateur, exprimé par la formulation de Feynman, pose de grands problèmes dans la relation d’enseignement, qui est très souvent une relation de domination et de supériorité, inapte à transmettre l’esprit scientifique. Ne serait-ce que pour des raisons de budget et d’effectifs. « Ce qu’on demande en fait aux professeurs du secondaire, c’est de prendre un maximum d’élèves dans leur classe, et de refermer la porte. », précise Maurice T. Maschino, dans « Quand les profs craquent ». Pris par le temps, et sous la pression des attentes des familles : « Donnez-lui des trucs pour réussir le diplôme, pas des trucs pour réfléchir, qui ne rapportent pas de pognon ! », l’enseignant doit vite se réduire à n’être que rabâcheur de recettes, surtout pas éveilleur de réflexions, ni de doutes et d’investigations bien organisés. 1.9.4. Le contribuable ordinaire est usuellement incapable de s'apercevoir de tels dysfonctionnements : le système d'enseignement impose de l'intérieur les critères par lesquels il "mesure" ses propres performances; il rédige ses sujets d’examens en fonction de ce qu'il croit savoir. Vous ne verrez jamais d'examens scolaires, ni universitaires, posant volontairement des questions embarrassantes pour l'ignorance et les contradictions de l'examinateur ni de ses collègues. Un tel système se présente donc au regard du consultant comme rebelle à tout pilotage par l'épreuve de réalité, verrouillé de l'intérieur, tout aussi incorrigible qu'un psychotique l'est au psychothérapeute inexpérimenté, aussi incorrigible que peut l'être une secte dans sa psychose collective. 1.9.5. L’enseignement des sciences entraîne à s’abstraire soi-même du champ d’investigations. Du coup les biais sont occultés, d’une part, d’autre part les techniques d’invention, de découverte, et de créativité, ayant trait au chercheur et à ses communications avec son entourage, sont fortement censurées. Voilà pourquoi je préconise à ces gens là de pratiquer au moins les ordres de réflexivité supérieurs à un. Ils sont sommairement exposés deux paragraphes plus loin, en annexe. |
| Je semble peut être un peu terre-à-terre, mais il n'y a pas besoin de tergiverser ou disserter trois heures (ce qu'aiment bien faire les philosophes) pour se rendre compte (avec un minimum de bonne foi!) que la science est à la base de notre mode de vie bien confortable. |
| , celle qui est bien loin d'une finalité productiviste, celle-là n'existe pratiquement pas ! |
| cette science au service d'intérêts bien éloignés de l'humain, cette science "mécanique" a su se débarasser des problèmes éthiques, au nom du "progrès" |
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