A quoi sert la science ?

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Posted by: mathieu_t

Salut !

Bon ça fait longtemps que j'ai passé mon Bac, donc je ne demande pas une argumentation type thèse, anthithèse, foutaise
Disons que j'aimerais avoir le point de vue d'autres personnes...

Personellement, j'ai l'impression qu'aujourd'hui la science n'est plus que de la science technique, où l'on a complètement dissocié éthique et production scientifique.
Beaucoup participent à la science, mais très peu se demandent : "mais à quoi servent les sciences au juste ?"...



Posted by: Pavel

Slt
Les vraies sciences ne servent à rien. Les maths à l'état pur n'ont pas beaucoup d'application. Pourtant les dès que on s'y intéresse d'un point de vue de la physique on découvre une multitude de retombés technologiques.
Les sciences servent aussi à rechercher la vérité scientifique, mais il fut la considérer dans un contexte historique précis.
Moi je suis plutôt intéressé par la science et non pa par la philo (où je suis nul) mais s'y t'as des quaestions (genre, si tu cherche des exemples scientifiques) j'essayrais d'y répondre.



Posted by: phoebe

Salut;
A quoi sert la science ? à rendre les hommes puissants, moins impuissants devant l’adversité, celle des autres, de toute altérité. Posséder la connaissance est un enjeu de rivalités et le moteur de la production scientifique. On voit bien que celle-ci vaut pour les armes qu’elle fournit au service des combats humains.
Il y a alors jusqu’à la toute puissance divine ou plutôt celle du mal que la science se doit de dérober.
C’est le projet scientifique dont le critère est inscrit dans la motivation profonde.
D'un point de vue objectif je dirai que la science sert à trouver une definition exacte sur l’existence de tout donc tout ce qui existe a une definition scientifique on constate qu’aucune chose peut exister sans une définition scientifique qui definit l’originalite de cette chose.
Mais d'un point de vue subjectif
Hereusement que la science existe!!!!!!!!!!



Posted by: raptor77

La science est le seul moyen d'éclairer les Hommes et le Peuple



Posted by: BancH

La bougie ?



Posted by: Jacques Lavau

Reformuler la question de façon concrète et circonstanciée : A quoi TE sert telle pratique de telle science ?

J'ai dû me poser la question pour moi même, et la réponse a pris 25 pages, sur plusieurs années.

Extrait significatif :
Citation:
1.1.3. Plus Gazonbleu mentait,
plus sa fille aînée s’enfermait dans la mythomanie, et plus je me tenais fermement à ma définition «
Je suis un scientifique, un physicien ». Etudier et chercher, était la preuve de mon identité maintenue contre l’assaut des contre-vérités, du harcèlement par les assassines sans couteau.

Puis, j’ai échappé de mon vivant à Gazonbleu et Frédégonde.
...

1.1.4. La démonstration : si JE peux respecter la vérité, alors ON aurait pu me respecter quand j’étais enfant.

La motivation réelle pour devenir un obsessionnel de l’exactitude scientifique, ou linguistique, fut bien de fournir une démonstration : on peut respecter rigoureusement les faits. On PEUT ne pas tricher. On peut ne pas ensevelir autrui sous son territoire sonore, on peut ne pas procéder à un viol sonore permanent de son fils, comme le fit ma mère dans sa névrose. On peut respecter les faits en silence et avec humilité.
...

1.9. La science est-elle une psychothérapie efficace ?

1.9.1. Je risque dans ce paragraphe de réinventer ce que Korzybski a probablement déjà bien exprimé dans son « Science and Sanity », que je n’ai encore jamais pu lire. Il n’y en a qu’un seul exemplaire à la Bibliothèque de Lyon, que l’on ne consulte que sur place.

Quand je regarde mes collègues scientifiques, la réponse est évidente : NON ! ce n’est pas efficace ! Quand je regarde la plupart des non-scientifiques, alors je pense presque le contraire : ces gens-là n’ont vraiment aucune culpabilité à fuir beaucoup trop d'épreuves de réalité, à justifier leurs refus de toute curiosité. Il leur manque vraiment une part de l’éducation dont ils auraient besoin.

Le point sain dans la science, c’est sa prétention, son obligation morale, à être un système piloté en exactitude. La réalité des gens dans les institutions, reste, et cela de plus en plus, constituée d’astuces pour se soustraire à une obligation morale si contraignante. Son échec de plus en plus grave, est inscrit dans la spécialisation à outrance, que le progrès technique d’une part, les pesanteurs institutionnelles d’autre part, ont établi comme règle étouffante. La spécialisation a pour effet pervers de circonscrire la curiosité à un tout petit domaine, et multiplie les sanctions et répressions obliques contre toute curiosité qui déborderait le microscopique champ de la spécialité.

Cette obligation morale a un grand mérite : elle est censée être au dessus de nos petites personnes, de nos narcissismes, de nos vanités. Tandis que ceux qui ne mettent rien au dessus de leur vanité personnelle ne disposent de presque aucun moyen pour changer d'avis et reconnaître leurs erreurs passées. Donc la science n'a aucune des propriétés d'une thérapie, mais la pratique de l'esprit scientifique a les propriétés d'un encadrement de maturation et d'évolution, et ceci peut remplacer souvent cela.

1.9.2. Toutefois, si l'on réexamine cette affirmation depuis le métier du cybernéticien, on a plusieurs questions à poser sur l'efficacité de la rétroaction et d'un tel pilotage, dès qu’il s’agit non plus du seul système science, mais bien du système autrement plus complexe et plus lourd, science-plus-enseignement. En premier lieu, la question des temps de réaction peut être très inquiétante. En second lieu, le système d’enseignement est avant tout tourné vers lui-même, et il est généralement ignorant de ses insuffisances, qui ne sont mises en évidence que loin en aval, chez les industries clientes, ou chez les chercheurs. Selon les branches, les clients peuvent être forts, comme ils le sont par exemple en géologie, en chimie, ou en informatique, et alors leurs réclamations sont efficaces. Les clients peuvent être faibles ou très faibles devant les fournisseurs; c’est généralement le cas en mathématiques, et en physique. Leurs réclamations ne sont jamais prises en compte par les fournisseurs tout-puissants, tandis que les auteurs de manuels se recopient les uns les autres.

Concernant la question des délais de réponse pour les corrections : la correction des bévues n’est une tâche à l'échelle humaine, que si la correction se fait tôt, lorsque seuls un maximum d'une centaine de scientifiques sont concernés, et que la propagation n'a pas dépassé les revues scientifiques ou les courriers entre collègues. Autrement dit : tant que la correction se fait sur le front actif d'avancée de la science, entre pionniers. Les choses deviennent beaucoup plus graves, et pratiquement ingouvernables, quand les bévues ainsi commises passent au statut de dogmes enseignés dans les classes du secondaire, et sont imprimées à des millions d'exemplaires, que les étudiants du supérieurs ont été formés par elles, que les profs du supérieurs ont été formés, sélectionnés et modelés par elles, que les profs du secondaire ont été formés dans le supérieur par ces bévues, etc. etc. Alors, de nombreux délais de réaction, dont certains approchent d'une vie d'homme, s'entremêlent et se verrouillent les uns les autres, sans parler des investissements individuels de prestance.

1.9.3. En effet, l’irrespect fondateur, exprimé par la formulation de Feynman, pose de grands problèmes dans la relation d’enseignement, qui est très souvent une relation de domination et de supériorité, inapte à transmettre l’esprit scientifique. Ne serait-ce que pour des raisons de budget et d’effectifs. «
Ce qu’on demande en fait aux professeurs du secondaire, c’est de prendre un maximum d’élèves dans leur classe, et de refermer la porte. », précise Maurice T. Maschino, dans « Quand les profs craquent ». Pris par le temps, et sous la pression des attentes des familles : « Donnez-lui des trucs pour réussir le diplôme, pas des trucs pour réfléchir, qui ne rapportent pas de pognon ! », l’enseignant doit vite se réduire à n’être que rabâcheur de recettes, surtout pas éveilleur de réflexions, ni de doutes et d’investigations bien organisés.

1.9.4. Le contribuable ordinaire est usuellement incapable de s'apercevoir de tels dysfonctionnements : le système d'enseignement impose de l'intérieur les critères par lesquels il "mesure" ses propres performances; il rédige ses sujets d’examens en fonction de ce qu'il croit savoir. Vous ne verrez jamais d'examens scolaires, ni universitaires, posant volontairement des questions embarrassantes pour l'ignorance et les contradictions de l'examinateur ni de ses collègues. Un tel système se présente donc au regard du consultant comme rebelle à tout pilotage par l'épreuve de réalité, verrouillé de l'intérieur, tout aussi incorrigible qu'un psychotique l'est au psychothérapeute inexpérimenté, aussi incorrigible que peut l'être une secte dans sa psychose collective.

1.9.5. L’enseignement des sciences entraîne à s’abstraire soi-même du champ d’investigations. Du coup les biais sont occultés, d’une part, d’autre part les techniques d’invention, de découverte, et de créativité, ayant trait au chercheur et à ses communications avec son entourage, sont fortement censurées.

Voilà pourquoi je préconise à ces gens là de pratiquer au moins les ordres de réflexivité supérieurs à un. Ils sont sommairement exposés deux paragraphes plus loin, en annexe.



Texte complet à http://lavaujac.club.fr/esprit_scientifique.htm

A quoi sert telle pratique de telle science à telle personne, à quels âges de sa vie ?
A quatorze ans, à vingt-six ans ou à soixante, on fait des réponses différentes.
Il est remarquable de détailler comment les astronomes, ces gens "qui n'ont pas les pieds sur Terre", ont été protégés par les militaires et les princes. Il y avait bien quelques raisons. Certaines raisons étaient idiotes : Wallenstein appointait Johannes Kepler comme astrologue, pour savoir quel jour serait faste pour livrer bataille. D'autres raisons étaient bien mieux fondées, notamment les besoins de la navigation astronomique pour les marins.



Posted by: Julien S.

Bonsoir!

"A quoi sert la science?" C'est une question bien surprenante!

J'aurais tellement de réponses à te donner que je ne vais t'en donner qu'une seule. Ouvre les yeux! Regarde le monde autour de toi! A quoi sert la science? Tu n'as toujours pas trouvé?

TON espérance de vie est de 80 ans alors qu'elle aurait été de 20 ans ou je ne sais combien si t'était un homme préhistorique. Compare ton mode de vie avec celui d'un homme d'il y a 500 ans. Alors mec? T'as toujours pas trouvé à quoi sert la science?
Déjà rien que pour répondre à la soif de connaissance de l'homme. Tu n'as pas envie toi de savoir le pourquoi du comment?? Déjà rien que pour cela, la science DOIT exister!

Je semble peut être un peu terre-à-terre, mais il n'y a pas besoin de tergiverser ou disserter trois heures (ce qu'aiment bien faire les philosophes) pour se rendre compte (avec un minimum de bonne foi!) que la science est à la base de notre mode de vie bien confortable.

Oui, oui, je suis comme Socrate moi, je fais accoucher la Vérité aux gens, et je suis sûr que tu trouveras à quoi sert la science!

Bonne chance!

Julien.



Posted by: Matthieu Perrinel

Julien S., la question n'est pas "la science est-elle utile?" mais "à quoi sert la science?". Cette question est importante car elle peut nous aider à définir des priorités dans la recherche, définir des limites (pour le clonage par exemple),etc... Je ne pense pas que matthieu_t ait des doutes sur l'utilité de la science en elle même, il parle d'éthique.



Posted by: Jacques Lavau

Si tu es témoin de Jéovah, voici l'usage que tu en feras :
"Les hommes de science ont échoué à nous dire les certitudes dont nous avons besoin pour ne plus être si angoissés... Etc."
Chacun fait un usage différent des autres et du travail des autres.



Posted by: mathieu_t

Bonjour !

Alors je suis enchanté de toutes les réponses qui ont été données, je ne m'attendait pas à en avoir autant !

Je voudrais d'abord répondre à Julien S : en effet, comme l'a dit Matthieu Perrinel, je ne cherche qu'à comprendre la place de l'éthique dans la science, ainsi que la place de la science dans notre monde !
Etant scientifique moi-même, je ne puis que reconnaître le fait suivant : la science nous a débarassé du problème de la survie, puis elle a su nous apporter un certain confort, et bien sûr une augmentation de l'espérance de vie...

Citation:
Je semble peut être un peu terre-à-terre, mais il n'y a pas besoin de tergiverser ou disserter trois heures (ce qu'aiment bien faire les philosophes) pour se rendre compte (avec un minimum de bonne foi!) que la science est à la base de notre mode de vie bien confortable.
Mais c'est justement le sujet que je veux disserter !
La science est à la base de notre mode de vie, ce qui d'un côté est certes profitable, mais ce qui d'un autre côté nous rend totalement "techno-dépendant".
Toi-même tu parles d'un mode de vie bien confortable... De mon côté, je me pose la question suivante : notre mode de vie n'est-il pas trop confortable (ne serait-ce que pour des raisons d'environnement, mais aussi pour des raisons plus "métaphysiques") ?
En effet, ne penses-tu pas que ce confort engourdi notre conscience ? Je pose juste la question (même si j'ai ma petite idée là-dessus).

Ensuite pour ce qui est de la curiosité, certes cela est très important, j'en suis le premier défenseur...
Mais la science telle qu'elle est pratiquée, c'est-à-dire la science technicisée, la science industrialisée, n'a strictement rien à voir avec de la curiosité ! ça n'est qu'une histoire de "fabrication" d'u produit, qu'une histoire de rentabilité !
Et je suis bien placé pour le savoir, étant ingénieur de formation !

Aux autres : en particulier à Jacques : en effet la science telle qu'elle est enseignée n'a pas grand chose à voir avec ceux qui la font vraiment (et ceux-là sont très peu nombreux) !
Je ne sais pas comment cela était avant ma naissance, mais de nos jours, il faut bien reconnaître que la science, la vraie, la science qui questionne, celle qui nous apprend des choses sur la vie, l'univers, celle qui est bien loin d'une finalité productiviste, celle-là n'existe pratiquement pas !
Personnellement, je n'ai jamais rencontré pareil scientifique !
Mon impression : nous sommes des techniciens du confort, du marchand, mais en aucun cas des porteurs de connaissance (par connaissance j'entends la recherche de la vérité).

Enfin, et non des moindres, cette science au service d'intérêts bien éloignés de l'humain, cette science "mécanique" a su se débarasser des problèmes éthiques, au nom du "progrès" (ce qui cache en réalité des intérêts financiers), et c'est cela que je trouve le plus problématique.

Aussi je ne veux pas donner l'impression d'être contre la science, mais juste contre celle où l'on a détaché l'éthique et l'intérêt scientifique du produit de cette science...



Posted by: Matthieu Perrinel

Citation:
, celle qui est bien loin d'une finalité productiviste, celle-là n'existe pratiquement pas !
Je ne serais pas aussi négatif. Cette sorte de science existe quand même pas mal en math. Même si c'est pas actuel, le problème de la conjecture de syracuse avait mobilisé plein de mathématiciens dans les années 60 et n'a pas vraiment de visée productive. De même que l'étude des commentaires successifs (1,11,21,1211,111221,...) (a plus petite échelle, les problèmes et enigmes que l'on se pose sur ce forum n'ont pas pour but de produire autre chose que de la distraction). Même en physique, la recherche fondamentale sur les neutrinos, même si on commence à trouver quelques applications, je pense que les chercheurs ont fait ces recherches dans un but de connaissance, pour savoir encore un peu mieux comment le monde est fait. Après, les gouvernements pensent éffectivement à de lointaines retombées économiques, mais ce n'est pas forcément la préoccupation des chercheurs.

Les chercheurs ne veulent pas forcément chercher pour produire. Mais le problème est le financement. Newton, il avait besoin d'une pomme pour sa théorie de la gravitation universelle. Pour les mesures actuelle, il faut parfois des milliards (accélerateurs de particules). Donc effectivement, si on veut avancer en science, il faut produire. Ou alors, il faudrais des sortes de mécènes scientifiques prêt à déverser des millions ou des milliards pour la science.

Quand à l'éthique, je ne suis pas non plus si sur qu'elle soit totalement dissociée de la recherche. Je crois que ce sont des scientifiques qui ont écrit une lettre à Jacques Chirac pour le convaincre de se positionner contre tout clonage alors que la position de la France pour l'instant est d'autoriser le clonage sur les cellules souches. Ce sont en grandes partie les scientifiques (parcequ'ils sont les mieux informés) qui appellent à la diminution de la pollution, à la diminution des rejets de CO2.

Et quand on voit l'importance de la recherche sur les maladies, les recherches visant à soulager l'homme d'une partie de son travail (robots), les recherches pour aider les handicapés (exosquelettes, "machine à voir", ordinateur controlé par la pensée,...),je ne crois pas que
Citation:
cette science au service d'intérêts bien éloignés de l'humain, cette science "mécanique" a su se débarasser des problèmes éthiques, au nom du "progrès"












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