c'est mon premier message sur ce forum, que j'avoue avoir cherché exclusivement pour des raisons d'orientations... ceci dit la lecture des différents fils me fait dire que je pourrais bien trainer dans le coin plus que prévu!
Voilà, je suis élève en MP à Nîmes, et je commence à me demander ce que je vais bien pouvoir faire de mon futur... alors voilà les données du problèmes:
Je n'ai pas envie d'être ingénieur, et j'ai choisi la prépa parce que je voulais être encadré et soutenue dans mon apprentissage. Ce qui me plait, même si sur ce forum cela peut paraitre un poil banal, ce sont les mathématiques: je suis plutôt algèbre, mais depuis qu'on fait de l'analyse avec des applications d'un Espace Vectoriel Normé dans un autre, ça va mieux... disons que les fonctions réelles et l'intégration me barbent, mais que j'aime bien trifouiller dans les epsilon et les quantificateurs... d'une manière générale, plus c'est abstrait, et plus ça me plait. (je raffole des structures qu'on a étudiées en cours...)
Je me suis donc dit, logiquement, que j'allais m'orienter vers l'enseignement et/ou la recherche... seulement l'enseignement, je sais que je ne pourrais pas faire que ça, et j'ai bien l'impression que la recherche deviens très technique et spécialisée, à part pour quelques cerveaux incroyables qui peuvent naviguer dans les théories les plus générales... j'ai un peu l'impression que je ne supporterai pas d'être un chercheur médiocre, qui ne fait que recompiler ce qu'il a compris à droite à gauche... et je ne me vois pas non plus sacrifier ma vie à la recherche, j'aime beaucoup trop d'autres choses pour ça! (ceci dit, ma vision du chercheur en mathématiques est surement très éloignée de la réalité...)
Récemment, je suis tombé sur un dossier qui présentait un master en "sciences des organisations": d'après ce que j'ai compris, on y étudie les mathématiques, les arts et les sciences humaines, la philosophie du savoir et des sciences, dans le but de former des gens capable d'appréhender au mieux des problèmes complexes et variés, et de trouver des solutions créatives et adaptées.
Le principe m'a bien plu, et ma question est donc:
quelles sont les disciplines en relation avec les mathématiques, qui ne tombent pas dans la technicité excessives, et connaissez-vous des formations en particulier?
je pense en particulier à l'épistémologie, philosophie des sciences, et caetera...
j'avais aussi entendu parler d'une collaboration entre sciences-po paris et l'université Marie Curie... dans le but d'une double formation sciences+sciences politiques...
d'une manière plus générale, quelles sont les disciplines inter-connectées avec les mathématiques? quelles sont les alternatives à l'ingénierie pure et à la recherche pure?
avez vous de l'eau à apporter à mon moulin?
merci d'avance, et de m'avoir lu...! je suis bavard, ah ça oui
Posted by: entropik
Bonsoir,
Etonnant, je n'avais encore jamais vu de formation proposant conjointement l'enseignement des arts et des maths. A part ça je me pose certaines questions proches des tiennes, à savoir par exemple s'il est encore possible de nos jours de s'adonner à la transdisciplinarité. Je crois que oui, certains cas le prouvent mais c'est sûr qu'il faut le vouloir et s'accrocher. C'est sûrement, malheureusement, réservé à une élite.
Je pense à Michel Bitbol qui a suivit des formations en médecine, physique et philosophie et a su concilier les 3. Il est actuellement chercheur en philosophie des sciences, directeur de recherche au CNRS et est rattaché au Centre de Recherche en Epistémologie Appliquée de l'École polytechnique, dont il est le directeur adjoint. Ce fameux centre m'a l'air passionant (voir ici):
1. Ses recherches sont centrées sur les différents aspects des sciences cognitives, qu'elles soient individuelles (neurosciences) ou sociales (économie cognitive).
2. Ses recherches sont théoriques au double sens de modélisation mathématique (modèles dynamiques, théorie du contrôle, logique et théorie des catégories, théorie des topoï) et de réflexion épistémologique. Les liens avec les disciplines empiriques (en particulier les neurosciences, la psychophysique, l'économie expérimentale et la linguistique cognitive) sont cependant étroits et profonds et formalisés par des conventions d'association avec d'autres centres.
3. Ses recherches sont polyscientifiques au sens où leur interdisciplinarité est intrinsèque et endogène, imposée par la nature même des structures cognitives comme structures symboliques abstraites descriptibles dans des langages formels appropriés mais émergeant de processus dynamiques sous-jacents complexes, de nature physique, biochimique, neuronale. L'interdiscipline cognitiviste est en fait celle d'une discipline spécialisée en voie de constitution. Des méthodes complémentaires y sont nécessaires à l'étude d'un même objet.
Ca fait déjà un petit temps que je rêve d'exploiter les richesses des interactions entre les sciences; épistémologie, bioinformatique, psychophysique,... J'imagine qu'on pourrait même étudier la neuropsychiatrie et l'éthologie en analysant le cerveau avec des théories physiques et mathématiques comme la mécanique quantique.
Malheureusement, l'enseignement transdisciplinaire se fait rare à ma connaissance. Il y a bien cette formation universitaire dont m'a parlé anima: en Angleterre, à Bristol, il paraît qu'il est possible d'étudier la physique et la philosophie en même temps. Je ne me suis probablement pas encore assez renseigné mais je n'ai pas encore trouvé de formation du même genre dans d'autres pays européens.
Je trouve que cette tendance à vouloir séparer le plus possibles les savoirs et connaissances égare l'homme et le coupe de la nature et de la culture. Je suis bien conscient qu'il n'est plus possible à notre époque de tout savoir mais les relations entre les différents domaines du savoir sont riches d'enseignements. Voici à ce propos un article intéressant quoique compliqué par moments qui parle aussi de la nécessité pour l'homme de réconcilier sa vision du corps et de l'âme et de ne plus les considérer comme deux entités séparables et indépendantes.
En espérant avoir apporté un peu d'eau à ton moulin, je te souhaites un bonne continuation dans ta quête d'un métier passionnant.
Posted by: Nuwanda
Pour ce qui est des domaines d'application des maths, tu peux penser bien sûr à la physique et toutes ses composantes, mais n'oublions pas la finance et l'économie (probabilités, systèmes dynamiques...), et l'informatique, notamment par le biais de la logique et de l'arithmétique.
Si tu veux faire des maths appliqués, il faut cepandant se renseigner avec précision parce qu'un certain nombres d'écoles ne proposent pas de vraies formations en ce domaine.
En fait si tu as un bon niveau tu n'as pas de soucis à te faire (Tu peux en faire après une ENS, c'est aussi possible après l'X), sinon il faut plus se renseigner à l'avance sur les programmes propres à chaque école.
Après n'oublie pas une chose : comme disait mon vieux maître (prof de physique en spé), on veut faire de la recherche ou de l'enseignement en prépa parce que c'est la seule chose que l'on voit des sciences, finalement.
La poursuite de tes études t'ouvrira peut-être le champ de vision et te montrera d'autres secteurs professionels où tu pourras t'éclater !
Posted by: MooMooBloo
Citation:
Posté par Nil
j'avais aussi entendu parler d'une collaboration entre sciences-po paris et l'université Marie Curie... dans le but d'une double formation sciences+sciences politiques...
J'avais un peu regarder, à l'époque, c'était surtout de la bio...
Sinon je suis d'accord avec la dernière remarque de Nuwanda: il y a beaucoup de choses très différentes! Et je pense personnellement qu'après une formation initiale d'ingénieur, on peut faire d'autre choses, avec beaucoup de profits (intellectuels s'entend).